





Le Guen : "De la fierté". Après avoir refusé plusieurs fois le poste, Paul Le Guen a accepté de devenir entraîneur du Paris Saint-Germain. L'ancien Lyonnais reprend les rênes du club alors qu'il pointe à la 17e place du championnat. Malgré la difficulté de la tâche, il avoue sa "fierté" de revenir dans la capitale.

Le Guen à la rescousse. Paul Le Guen remplace Guy Lacombe à la tête du PSG. L'entraîneur breton, libre depuis son départ des Glasgow Rangers, est attendu à Paris ce midi et doit tenir une conférence de presse au Parc des Princes. Sa principale mission sera d'éloigner le club parisien de la zone de relégation.
"Pas de baguette magique"
Après avoir rendu hommage, comme c'est l'usage, à son prédécesseur, Paul Le Guen a revêtu pour la première fois le costume d'entraîneur du PSG lundi à l'occasion d'une conférence de presse au Parc des Princes avant de diriger dans l'après-midi un premier entraînement au Camp des Loges. Sur le ton très posé qui est le sien, l'ancien coach des Glasgow Rangers a affirmé son très fort attachement au club parisien où il a évolué comme joueur pendant sept ans et sa motivation pour le sortir de l'ornière dans laquelle il se trouve.Je voudrais d'abord commencer par deux choses très simples. La première, c'est que je suis content et fier de devenir l'entraîneur du PSG, un club où j'ai joué pendant sept ans et auquel je suis resté très attaché. La deuxième, c'est que je voudrais témoigner à Guy Lacombe mon respect et mon respect professionnel particulièrement. J'ai essayé de le joindre sans y parvenir. Je lui adresse mes amitiés, je pense à lui aussi.
Paul, vous arrivez aujourd'hui au PSG après avoir refusé d'y venir il y a quelques temps, qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?Je n'ai pas changé d'avis. Les circonstances sont différentes. C'est une question d'envie et de timing. Après Lyon, j'ai eu envie d'aller à l'étranger puis j'ai eu envie de rentrer et maintenant j'ai envie de dire oui au PSG. C'est une chance d'être l'entraîneur de ce club. Et c'est aussi une tâche compliquée. Je suis content d'avoir vécu cette expérience à l'étranger et d'ailleurs, je ne dis pas que je n'y retournerais pas un jour...
On sait que vous n'aimez pas jouer les pompiers de service...C'est vrai, c'est la première fois, depuis que je suis dans le foot, que je change de club en cours de saison. J'espère ne pas m'habituer à ça.
Cette expérience en Ecosse, l'avez-vous vécue comme un échec ?Pas du tout. Les résultats étaient moyens mais pas catastrophiques. Je ne suis pas meurtri. Au contraire, je me sens renforcé. Ce n'est pas pour moi une situation d'échec.
Qu'en avez-vous appris ?J'espère avoir retenu deux ou trois trucs, quelques bonnes choses. J'ai appris qu'on est dépendant d'un contexte et qu'il faut avoir l'humilité de le reconnaître. Et il ne s'agit pas en disant cela, de se dédouaner par avance.
"Il faut rester ambitieux"Pour combien de temps vous engagez-vous avec le PSG et pour quel rôle exactement ?J'ai signé pour deux ans et demi. Cela s'est fait très vite. C'est un minimum. Je suis entraîneur, responsable de l'équipe professionnelle. J'arrive pour le moment avec Yves Colleu, pour le reste du staff, on avisera.
Dans quel état d'esprit arrivez-vous ?Je suis conscient de la situation d'urgence. Il faut d'abord rester en première division, gérer la situation actuelle. On n'a pas parlé de budget, de recrutement... Il y a un effectif sur lequel s'appuyer.
Comment comptez-vous vous y prendre pour faire sortir l'équipe de la spirale dans laquelle elle se trouve ?Si on a fait appel à moi, c'est que l'on estime que je suis en mesure d'apporter quelque chose. Mais je n'ai pas de recette miracle ou de baguette magique. Je connais suffisamment le foot pour savoir que les choses ne changent pas comme ça. Cela dit, un discours nouveau, des idées nouvelles peuvent susciter une écoute différente.
Que pensez-vous de l'effectif du PSG et pensez-vous qu'il faille recruter au mercato ?Je dois m'appuyer sur cet effectif qui compte beaucoup de bons joueurs. Nous allons travailler dès cet après-midi dans l'optique du match contre Toulouse. Il faut rester ambitieux. Quant au mercato, je sais que les bonnes opportunités sont très rares. Il ne faut pas faire pour faire mais en fonction des vrais besoins.
Le PSG joue dès mercredi contre Toulouse. Est-ce un avantage pour vous ou ce match arrive-t-il trop vite ?J'aurais préféré avoir un peu plus de temps mais je ne choisis pas. Je vais faire l'équipe, on va attaquer tout de suite. Ce n'est pas l'idéal mais on n'a pas le choix.
"Faire passer un message citoyen"Quels sont vos objectifs ? Le PSG peut-il d'ores et déjà penser au titre la saison prochaine ?C'est un peu indécent de parler de ça maintenant. La priorité des priorités, c'est d'éviter la Ligue 2. L'équipe a largement le potentiel pour décoller. On va tâcher de faire preuve de bon sens, de cohérence. On a beaucoup de motivation pour ça.
Au-delà des résultats, le club est plombé par l'ambiance qui règne autour de lui et notamment avec certains supporters. Quel rôle comptez-vous jouer à ce sujet ?J'ai passé sept ans ici avec des relations respectueuses avec le public. Je me souviens être allé au pied de la tribune Boulogne pour faire passer un message citoyen aux supporters. Demain, je suis prêt à recommencer. Aujourd'hui, au Parc, le contexte n'est pas très facile. Il y a besoin d'une union sacrée pour relancer les choses. On a besoin d'un bon public. Je suis prêt à faire des démarches en ce sens.
Que pensez-vous de l'idée évoquée de faire intervenir Yannick Noah ?Je connais bien Yannick mais je ne connais pas sa relation avec le président Cayzac. Moi, je veux être le patron de l'équipe professionnelle et je le serai. Mais pourquoi pas discuter avec Yannick...
Estimez-vous comme certains, qu'évoluer à Paris est quelque chose de particulier ?Oui, en le vivant, on se rend compte que Paris, c'est particulier. Il y a des joueurs qui sont plus faits que d'autres pour jouer à Paris. Il faut avoir du recul par rapport à certaines choses. A Paris, les dynamiques sont renforcées, dans la victoire et dans la défaite.
Avez-vous peur du défi qui vous attend ?J'ai peur, oui, mais c'est une bonne peur. Et j'ai envie que les joueurs aient peur avec moi. Qui n'aurait pas peur de jouer le maintien ? Ne pas avoir peur, ce serait ne pas être conscient de la situation.

Le Guen est souriant mais mesure l'ampleur de la tâche.

Déjà en discussion avec le jardinier du Parc des Princes dont il juge la pelouse en mauvais état.
Le Guen, c'était écrit...
La nomination de Paul Le Guen à la tête du club de la capitale résonne comme une suite logique dans une carrière marquée par une fidélité de près de dix ans aux couleurs parisiennes. De la "patate de Pencran" à la victoire en Coupe des Coupes en 1996, en passant par le titre de champion de France deux ans plus tôt - le dernier à ce jour du PSG -, Le Guen incarne les années fastes du club. Un passeport qui, rehaussé de son odyssée lyonnaise, semble faire de l'ancien libero l'homme providentiel.Il est de retour. Comme une évidence. Paul Le Guen renoue avec le PSG et ces retrouvailles semblaient, depuis son départ du club, synonymes pour lui de fin de carrière à l'issue de la saison 1997-1998, quasi-inéluctables tant la carrière de l'ancien milieu défensif reconverti libéro, s'avère liée à celle du club parisien. Un fidèle parmi les fidèles, de cette génération de joueurs qui aura offert à Paris sa période la plus faste, celle de la fameuse ère Denisot au début des années 90, marquée par un titre de champion de France en 1994, une Coupe des Coupes deux ans plus tard, mais aussi trois Coupes de France en 1993, 1995 et 1998, ainsi qu'une Coupe de la Ligue toujours en 1998.
Une période qui, aujourd'hui, fait l'effet d'un paradis perdu pour un club qui flirte avec la zone de relégation et affiche le plus mauvais classement de son histoire après vingt journées. Qu'Alain Cayzac, dirigeant historique du PSG, selon l'expression consacrée, devenu président, choisisse dans ce contexte catastrophique pour le club de faire appel à celui qui, de par son profil - diplômé de sciences économiques -, sa reconversion, son parcours et sa réussite en tant qu'entraîneur, est tout sauf un hasard, ni même une surprise. Libre de tout engagement depuis le 4 janvier dernier et son éviction de son poste de manager aux Rangers (qui, aux yeux du public parisien et des dirigeants tout du moins, ne semble en rien écorner son parcours), Le Guen a donc finalement accepter de relever un défi colossal, mais qui lui tient forcément à coeur, lui qui reste à jamais parisien de coeur.
Le plus doué d'entre tousUne décision qu'il s'était refusé à prendre lorsqu'en pleine année sabbatique après son départ de Lyon en pleine lumière, le poste lui avait déjà été proposé. A l'époque, la perspective de succéder à son ancien coéquipier et ami, Laurent Fournier en poste, lui interdit de relever le challenge d'un club alors... sixième de Ligue 1, et qui choisira de s'en remettre à... Guy Lacombe pour le résultat que l'on sait. Deux ans plus tard et Le Guen accepte donc un challenge pour lequel, au fond de lui-même, il se préparait de toute façon, conscient qu'il était de recroiser tôt ou tard le destin de son ancien club.
Alain Cayzac, aujourd'hui, lui offre cette opportunité, persuadé de la légitimité incontestable d'un tel choix et renseigné également par les expériences passées. De Ricardo, dont le retour sur le banc du club de la capitale durant deux saisons se sera soldé par un titre de vice-champion de France en 1997, une finale de Coupe des Coupes la même année et deux victoires en Coupe de France et de la Ligue en 1998, à Laurent Fournier, sacrifié sans doute prématurément par Pierre Blayau, la génération dorée des années 90 a prouvé qu'elle avait les moyens de redonner, depuis le banc, à Paris son lustre passé.
Le Guen, parce que sa "patate de Pencran", surnom donné un soir de finale de Coupe de France contre Strasbourg, du temps de la splendeur du club, par Michel Denisot, reste à jamais inscrite dans la légende et l'imaginaire du club, parce qu'il fut l'un des leaders respectés et reconnus de cette période dorée durant laquelle il s'est construit la totalité de son palmarès (*) et aura acquis la reconnaissance internationale (17 sélections), devait s'installer un jour ou l'autre aux commandes du groupe professionnel. Mais plus encore, c'est bien sûr sa réussite en tant qu'entraîneur à Lyon, marquée par la conquête de trois titres de champion de France, après des débuts poussifs à Rennes, qui vaut au Breton ce blanc-seing à l'heure du retour à Paris, il s'apprête à retrouver Alain Roche, actuel directeur sportif, et Vincent Guérin, entraîneur de la réserve parisienne.
Certains comprendront mal que, deux semaines à peine après le premier véritable échec de sa carrière d'entraîneur, qui plus est pour sa première expérience à l'étranger, ce technicien reconnu et respecté de tous, réputé pour sa sagesse, accepte de plonger aujourd'hui dans le marasme parisien. Mais parce que c'était le PSG et parce que c'était lui...
(*) Champion de France de D1 en 1994, vice-champion de France D1 en 1993, 1996 et 1997, vainqueur de la Coupe de France 1993, 1995 et 1998, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1995 et 1998, vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 et finaliste de la Coupe des Coupes 1997.
Le Guen et le PSG: des retrouvailles attendues...

Le Guen vole au secours du PSG.
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PARIS VILLE LUMIERE !!!!
